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Les fresques de la maison de l'accueil

Le Cadre

Le bâtiment où se trouve les fresques faisait partie d'un ancien domaine qui s'étendait sur plus de trois hectares. Il descendait alors jusqu'à la route du bord de Saône. Au début de XVII  siècle il appartenait à Jean de SÈVE, échevin et Prévôt des marchands de Lyon.

Un siècle plus tard c'est Thomas de BOZE, négociant en étoffe de soie et d'argent qui en est propriétaire. Peut-être apporta-t-il des changements au domaine et principalement à la maison bourgeoise située en son milieu.

Puis les propriétaires se succédèrent comme ANTHONY (vers 1786), Jean GANDILHON, ancien Notaire et Maire de la commune (vers 1829), CAQUET-VAUZELLE (en 1859) et en 1925 Félix Marie Joseph CAILLET, industriel de Lyon. C'est pour cette raison qu'on appela alors le bâtiment : "Château CAILLET".

Le domaine qui comprenait une chapelle, une orangerie, un lavoir et des dépendances fut traversé dans sa partie basse, vers 1856, par la voie ferrée du PLM.

En I936, la commune d'Albigny se porte acquéreur du domaine mais, par suite du manque de trésorerie elle en cède, en I942, une partie (environ deux hectares dont le "château") au département du Rhône pour agrandir la Maison Départementale de Retraite.
Pendant la guerre I939/45 (le pavillon a successivement été occupé par un Groupe mobile de réserve et un Dépôt du 1er bataillon des Forces aériennes de l'Intérieur puis, jusqu'en I949, par le 141ème Groupe de C.R.S.)

En I949, sous l'impulsion de M.Laurent BONNEVAY, Président du Conseil Général, le pavillon fut aménagé pour recevoir de vieux ménages. D'où le nom d'ACCUEIL dont on le baptisa. C'est peut-être à cette époque qu'on le rehaussa d'un étage.

En I955, le tracé de la rue Jean CHIRAT et la construction d'un immeuble coupèrent le domaine en deux parties.
Puis la Maison Départementale abandonna le pavillon qui fut fermé pendant une dizaine d'années. c'est alors que la municipalité voulut racheter l'ACCUEIL et son splendide parc. Mais devant le prix demandé, elle ne put faire, en I994, que l'acquisition de ce parc et du rez-de-chaussée de la maison bourgeoise, les étages étant achetés par une société immobilière qui y installa des appartements.

Le Peintre

Vers 1710, Thomas de BOZE, alors propriétaire, demande à Daniel SARRABAT de peindre sept fresques dans le salon d'apparat de sa maison.
Daniel SARRABAT était né à Paris en I666. Doué pour le dessin, il travailla avec un des CORNEILLE . En I688, il obtint le premier prix de Rome avec son tableau "Noë et sa famille sortant de l'Arche". Il séjourna alors à Rome pendant deux ans.
A son retour il fait étape à Lyon où il étudie les peintures de Thomas BLANCHET. Après son mariage en I695 avec une lyonnaise, il reste à Lyon. Travailleur infatigable, il aime son métier et acquiert très vite une grande notoriété. Maître et député des peintres lyonnais en I697, 17O5 et 1721, c'est en 17O3 qu'il est reçu à l'Académie Royale.
Il peint de nombreux tableaux de chevalet (dont il ne reste que très peu d'exemplaires) dans plusieurs églises et chapelles de Lyon : réfectoire des Recollets, chapelle des Pénitents de la Miséricorde, chapelle des Tireurs d'or, église des Carmes Déchaussés, église St Vincent, église des Minimes, église de Thoissey où six tableaux sont encore conservés....
Il décore également plusieurs demeures de notables lyonnais comme la Maison de Melchior PHILIBERT à Sénozan, l'hôtel du Président de Fleurieu, .... et la Maison de Thomas de BOZE à Albigny.
A la fin de sa vie la nécessité l'oblige à beaucoup peindre et la qualité de son art en souffre.
En 1746 il entre à l'hôtel-Dieu comme pensionnaire. Il y décède le 21 juin 1748.

Les Fresques

Dans le livre d'ESTHER, tiré de l'ancien testament, il est dit que le Roi des Perses, ASSUERUS, répudia son épouse VASTHI, qui avait refusé de se montrer au peuple. Pour choisir une nouvelle femme au Roi, on invita à se présenter à lui les belles et jeunes filles de l'Empire.

Parmi elles se trouva ESTHER, fille du peuple juif qui, grâce à sa beauté, fut choisie par ASSUERUS. Couronnée Reine, elle apprit par son cousin et tuteur MARDOCHE que le grand Vizir, et protégé du Roi, AMAN, désirait supprimer tous les juifs du pays.    

Couronnement d'ESTER
Elle vint trouver le Roi et, dans un premier temps, l'invita à un festin en compagnie de son fidèle AMAN (3).

ESTHER chez ASSUERUS
Au cours d'une nuit, ASSUERUS se fit lire les Annales. On lui rappela que Mardoche qui avait auparavant déjoué un complot contre lui n'avait pas été récompensé. Le Roi fit venir AMAN et demanda de quelle façon on devait honorer un bienfaiteur.

Croyant qu'il s'agissait de lui, AMAN répondit qu'il fallait le promener en ville, sur un cheval tenu par un notable. Mais quel fut le désappointement d'AMAN quand il apprit que la personne à honorer était son ennemi, le juif MARDOCHE.    

La déconvenue d'AMAN
Il se jugea encore d'avantage humilié quand il fut lui-même choisi pour tenir la bride du cheval de MADOCHE acclamé par la foule.

Le triomphe de MARDOCHEE
ESTHER organisa alors un grand banquet au cours duquel elle se confia enfin au Roi, lui avouant sa religion et le danger encouru par le peuple juif. Bouleversé d'apprendre que quelqu'un en voulait à la vie de la Reine et à celle de ses amis, ASSUERUS insista pour connaître le nom du coupable.

ESTHER lui apprit donc que c'était AMAN. Déjà furieux et trouvant en plus son protégé assis sur le divan d'ESTHER en train d'essayer d'obtenir le pardon de la Reine, ASSUERUS, se méprenant sur ses intentions, le condamna à mort.    

Le banquet chez ESTHER
AMAN finit donc pendu à la potence qu'il avait lui-même fait préparer pour MARDOCHEE.

AMAN est conduit au supplice
Daniel SARRABAT, appelé par Thomas de BZE vers 1710, pour décorer son salon d'apparat, choisit de peindre sept fresques relatant sept épisodes de l'histoire d'ESTHER.

Mais ces fresques ne furent pas toujours protégées, surtout pendant la guerre lorsque le bâtiment fut occupé par des militaires. Et vers 1957/58 elles furent sauvées par le Directeur de la Maison de Retraite qui avait envisagé de les badigeonner !

Elles furent alors classées et une première fois restaurées. Mais lorsque l'Accueil fut abandonné par la MDR, les peintures se détériorèrent à nouveau. La Municipalité ayant pris conscience que son patrimoine risquait de disparaître, dès l'achat de 1994, envisagea une nouvelle restauration qui commença en janvier 1997.

Mais ces premiers travaux mirent au jour un décor caché mais peu visible que M. MORTAMET, architecte en chef des Monuments historiques et les restaurateurs ont voulu cependant redessiner.